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Kisangani, berceau d’une vision : la souveraineté monétaire comme gage de liberté


Du 7 au 11 novembre 2025, la ville de Kisangani, capitale de la province de la Tshopo, a vibré au rythme d'un événement majeur pour la vie économique du pays : la retraite du Conseil de la Banque Centrale du Congo (BCC). Sous la direction du Gouverneur André Wameso, cette rencontre de haut niveau avait pour objectif l'élaboration du prochain Plan Stratégique de l'Institut d'Émission — un document fondamental qui doit guider la politique monétaire nationale pour les prochaines années.
Mais au-delà des chiffres et des diagnostics, cette retraite a surtout symbolisé une conviction profonde : la souveraineté économique est le fondement même de la liberté nationale.

Une rencontre stratégique au cœur du pays

Le séjour du Gouverneur Wameso à Kisangani a débuté par la présentation des civilités à l'autorité provinciale, marquant ainsi l'ancrage institutionnel de la Banque Centrale dans toutes les provinces de la République. Loin de la capitale, au cœur du Congo profond, le choix de Kisangani n'avait rien d'anodin : il traduit la volonté de rapprocher la gouvernance monétaire du territoire national tout entier.
Pendant plusieurs jours, les membres du Conseil de la BCC se sont penchés sur trois axes majeurs :

  1. Poser les bases d'un diagnostic profond et d'une vision claire pour la Banque ;

  2. Définir les stratégies et axes prioritaires capables de concrétiser cette vision ;

  3. Établir les mécanismes de mise en œuvre et de gouvernance assurant la durabilité des résultats.

Ces travaux ont constitué une étape essentielle dans la construction d'un nouvel élan pour l'institution, à un moment où le plan stratégique actuel arrive à son terme.

Un plan fondé sur l'écoute et la rigueur

Le nouveau Plan Stratégique de la Banque Centrale du Congo se distingue d'emblée par sa démarche inclusive et analytique. Pour la première fois, deux sondages – interne et externe – ont été réalisés afin d'évaluer la perception de l'action de la BCC. Cette approche participative, voulue par le Gouverneur André Wameso dès son entrée en fonction, s'est doublée d'un audit organisationnel complet, destiné à identifier les forces et les faiblesses de l'institution.
Cette méthode traduit une philosophie claire : la souveraineté monétaire ne se décrète pas, elle se construit sur la transparence, la compétence et la responsabilité. En instaurant ce processus d'auto-évaluation, la Banque Centrale démontre qu'elle place la confiance du peuple et la qualité de sa gouvernance au centre de ses priorités.

L'alliance de l'expertise nationale et internationale

Dans sa quête de rigueur et d'efficacité, la BCC s'est entourée de partenaires d'envergure. Outre l'appui de consultants internationaux spécialisés en planification stratégique, deux éminents universitaires congolais – les Professeurs Kabeya Tshikuku et Gamela Nginu de l'Université de Kinshasa – ont pris part aux réflexions. Leur mission : apporter un regard critique et constructif sur la démarche entreprise.
Cette collaboration entre savoir local et expertise mondiale illustre une autre dimension de la souveraineté : la capacité de s'appuyer sur ses propres ressources intellectuelles tout en dialoguant avec le monde.
C'est cette articulation subtile entre enracinement national et ouverture internationale qui donne toute sa force à la vision portée par le Gouverneur Wameso.

La souveraineté comme horizon de liberté

Dans ses interventions, le Gouverneur n'a cessé de rappeler que la Banque Centrale du Congo n'est pas qu'une institution technique ; elle est le cœur battant de la souveraineté économique du pays.
Assurer la stabilité du franc congolais, garantir la confiance dans le système bancaire, encadrer la politique monétaire et préserver les réserves nationales : autant de missions qui conditionnent la liberté réelle d'un État.
En effet, il ne peut y avoir de liberté politique durable sans liberté économique ; et il ne peut y avoir de liberté économique sans souveraineté monétaire.
Dans ce sens, le « Plan Stratégique de Kisangani » n'est pas seulement un outil de gestion interne : c'est un manifeste pour l'autonomie nationale, une feuille de route vers une économie congolaise plus résiliente, capable de résister aux chocs extérieurs et de promouvoir le développement inclusif.

Un travail d'envergure, une vision partagée

Grâce à l'engagement des équipes et à la clarté de la méthode, la BCC dispose désormais d'une vision plus structurée de ses objectifs, des moyens nécessaires pour les atteindre et des indicateurs de performance pour en mesurer les progrès.
Ce travail, mené en un temps record, témoigne de la volonté de moderniser l'institution et d'en faire un véritable levier de développement national.
À Kisangani, les agents de la Direction Provinciale ont d'ailleurs baptisé ce document de travail d'un nom plein d'affection et de symbolisme : « Le Plan Stratégique de Kisangani » — une appellation qui résonne comme un cri du cœur, celui d'une institution en marche vers la liberté.

Vers une Banque Centrale au service de la Nation

La publication officielle du plan stratégique est attendue dans les prochaines semaines. Elle marquera l'ouverture d'une nouvelle phase de l'histoire de la Banque Centrale du Congo — celle d'une gouvernance modernisée, connectée aux réalités du pays et engagée dans la défense de l'intérêt national.
Dans un monde où les interdépendances économiques fragilisent souvent les économies émergentes, la BCC affirme ainsi son ambition : consolider la souveraineté monétaire pour garantir la liberté du peuple congolais.

Kisangani, ville symbole d'indépendance et de résilience, aura donc servi de cadre à une réflexion essentielle : redonner à la monnaie congolaise son rôle de pilier de la dignité nationale.
En plaçant la souveraineté au cœur de sa stratégie, la Banque Centrale du Congo trace un chemin clair — celui d'un Congo debout, maître de son destin, libre dans ses choix, et fort dans sa monnaie.

Marco Baratto

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