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Le cocotier de Kisangani : symbole de résilience et de renouveau économique



À l'occasion de sa visite de travail à la Direction Provinciale de Kisangani, le 10 novembre 2025, Monsieur André WAMESO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), a procédé à un geste hautement symbolique : la plantation d'un cocotier devant l'entrée principale de l'immeuble provincial. Ce geste, en apparence simple, revêt une profondeur métaphorique remarquable.

Le cocotier, arbre à la fois fruitier et ornemental, n'a pas été choisi au hasard. Dans de nombreuses cultures tropicales, il incarne la résilience et la souplesse. Sa tige élancée sait plier sans se rompre face aux vents les plus violents, tandis que ses racines, profondément ancrées dans le sol, assurent sa stabilité. Cette image illustre parfaitement la philosophie que le Gouverneur WAMESO souhaite insuffler à la Banque Centrale du Congo : une institution à la fois fortement enracinée dans ses valeurs fondamentales et capable de s'adapter avec souplesse aux défis économiques du monde contemporain.

La politique monétaire, à l'instar du cocotier, doit être vivante, souple et réactive. Elle doit savoir absorber les chocs externes, qu'ils soient financiers, politiques ou climatiques, sans rompre l'équilibre économique. Une monnaie forte n'est pas celle qui demeure rigide, mais celle qui s'adapte, qui module ses instruments selon les circonstances, qui sait ajuster le cap sans perdre sa direction. En plantant ce cocotier de ses propres mains, le Gouverneur a voulu rappeler à la génération actuelle, et inspirer celle de demain, que la force du franc congolais repose avant tout sur la confiance, la discipline et la capacité d'adaptation.

À cette occasion, les agents de la Direction Provinciale de Kisangani ont offert au Gouverneur une sculpture en bois représentant les installations de pêche Wagenia. Ce geste d'une grande portée symbolique rend hommage à la précision, à la patience et à la maîtrise technique des pêcheurs Wagenia, dont les méthodes ancestrales, alliant courage et savoir-faire, défient le courant puissant du fleuve Congo. Le parallèle est éloquent : comme les pêcheurs Wagenia, le Gouverneur WAMESO a su, « contre vents et marées », raffermir la monnaie nationale et restaurer la confiance du public dans le système financier.

Mais au-delà de ce symbole, l'acte posé à Kisangani ouvre une réflexion plus large : celle du lien entre stabilité financière et développement productif. Une monnaie solide ne peut prospérer durablement que dans un environnement économique structuré, fondé sur la production réelle, en particulier sur le secteur agricole. C'est ici qu'intervient une vision d'avenir : le développement des parcs agro-industriels, ou agroparcs, comme pilier de la souveraineté économique congolaise.



Les agroparcs constituent un concept innovant inspiré de l'expérience italienne des districts agroalimentaires. Il s'agit de structures intégrées qui regroupent, sur un même site ou dans un réseau territorial cohérent, les activités de production, de transformation, de stockage, de recherche et de commercialisation des produits agricoles. Un agroparc représente donc bien plus qu'une simple zone industrielle : c'est une communauté économique territoriale, un écosystème où se rencontrent innovation, durabilité et développement rural.

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Centre de transformation rurale : l'agroparc associe la production agricole à des services de développement local, comme la formation, l'accès à l'énergie ou à l'eau, et le soutien technique aux petits producteurs.

Pôle de production et de transformation : il combine la culture, la récolte, la recherche et la transformation pour garantir une production continue, moins dépendante des saisons et plus résistante aux fluctuations du marché.

Centre de consolidation : il assure la distribution régulière des produits vers les marchés urbains, en intégrant la logistique, la conservation et le commerce de gros.

Dans la République Démocratique du Congo, ce modèle trouve une pertinence particulière. Le pays dispose d'immenses terres arables, d'une biodiversité exceptionnelle et d'un potentiel hydrique sans équivalent en Afrique. Pourtant, la majorité de ces ressources reste sous-exploitée. La mise en place d'agroparcs modernes permettrait de structurer les chaînes de valeur agricoles, de créer des emplois et de réduire la dépendance alimentaire vis-à-vis des importations.

L'expérience pilote de Lukula, dans la province du Kongo Central, illustre déjà cette ambition. Ce site a été conçu comme une plateforme agro-industrielle regroupant plusieurs entreprises agricoles, des unités de transformation et des infrastructures logistiques. En reliant la production rurale aux marchés urbains, Lukula sert de modèle d'intégration territoriale, où l'efficacité économique s'allie à la durabilité environnementale.

Un agroparc ne se limite pas à un regroupement physique d'entreprises ; il repose sur un ancrage social et environnemental fort. Chaque entreprise y est insérée dans un tissu local, en interaction avec les ressources naturelles et les communautés avoisinantes. Cette approche territoriale, qui valorise les spécificités écologiques et culturelles d'un lieu, favorise une économie de proximité fondée sur la confiance, la coopération et la qualité.



La réussite de tels projets nécessite une mobilisation collective, notamment celle de la diaspora congolaise. Dispersée à travers le monde, cette diaspora dispose de compétences techniques, de ressources financières et d'un réseau international qui peuvent jouer un rôle déterminant dans la transformation du secteur agricole. En investissant dans les agroparcs, les Congolais de l'étranger contribuent non seulement à la création de richesse nationale, mais aussi au renforcement de la souveraineté alimentaire et financière du pays.

Une agriculture forte est en effet le socle d'une économie stable. C'est un geste patriotique , s'inscrit dans la redécouverte des valeurs patriotiques défendues par le président de la République 

Elle garantit l'autonomie alimentaire, stabilise les prix intérieurs, alimente les industries locales et génère des recettes d'exportation. En soutenant la modernisation agricole, la Banque Centrale du Congo joue donc un rôle stratégique dans la construction d'une stabilité macroéconomique durable.

L'acte symbolique de planter un cocotier à Kisangani prend alors tout son sens : il évoque la renaissance d'un modèle économique enraciné dans la terre, mais tourné vers l'avenir. Tout comme le cocotier croît lentement mais sûrement, l'économie congolaise, appuyée sur des fondations solides et des politiques cohérentes, peut s'élever avec grâce et résilience.



Le geste du Gouverneur André WAMESO n'est pas un simple acte de protocole, mais une leçon d'économie en action. Il rappelle que la stabilité monétaire n'est pas une fin en soi : elle doit s'accompagner d'une stabilité productive, fondée sur la création de valeur réelle. Le cocotier planté à Kisangani devient ainsi le symbole d'une nouvelle ère : celle d'une Banque Centrale attentive aux équilibres macroéconomiques, mais aussi ancrée dans la réalité du développement national.

L'avenir de la RDC dépendra de sa capacité à lier la finance à la terre, la monnaie à la production, la stabilité à la prospérité partagée. C'est à ce prix que le pays réalisera pleinement sa vocation : être non seulement le cœur géographique de l'Afrique, mais aussi son poumon économique et alimentair

Marco Baratto

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