MANIFESTE POUR UNE AUTRE DÉMOCRATIE : LE PRÉSIDENT DE LA RDC ET LA LEÇON QUE L’EUROPE REFUSE D’ÉCOUTER
L'Europe parle de démocratie comme s'il s'agissait d'un brevet déposé à Bruxelles ou à Strasbourg. La mesure de toute chose, le critère ultime pour juger le monde. Et pourtant, aujourd'hui, la démocratie la plus vivante, la plus risquée, la plus authentique ne naît pas dans des parlements européens vidés de leur substance, mais dans les gymnases et les stades africains, au milieu de milliers de jeunes qui interrogent directement le pouvoir.
Le Président de la République démocratique du Congo a fait ce que beaucoup de dirigeants occidentaux n'osent plus faire : s'exposer. Regarder le futur de son pays droit dans les yeux. Accepter un dialogue sans filtres avec une génération qui ne réclame pas de l'idéologie, mais du travail, de la dignité, des outils pour construire.
Ce geste est politique. Profondément politique. C'est la démocratie en action.
La RDC n'est pas une périphérie du monde. Elle en est l'un des épicentres. Avec un âge médian de 15,8 ans, le Congo incarne ce que l'Europe n'est plus : une société jeune, en croissance, contrainte de penser l'avenir parce qu'elle ne peut pas se permettre de vivre des rentes du passé.
L'Occident observe l'Afrique avec le regard de l'ancien dominateur : il évalue, classe, juge. Mais il n'écoute pas. Il ne comprend pas que la démocratie n'est pas l'uniformité, mais la relation. Pas l'imitation, mais la participation réelle.
Lorsque 3 000 jeunes Congolais posent des questions directes à leur Président sur l'emploi, l'entrepreneuriat, la précarité, le financement des projets, ils ne simulent pas la démocratie : ils la pratiquent. Lorsque le Chef de l'État répond sans intermédiaires et appelle la jeunesse à la responsabilité nationale dans un contexte d'agression extérieure, il exerce la souveraineté politique, pas la propagande.
L'Europe, au contraire, a progressivement transformé la démocratie en procédure. Elle vote, mais ne décide plus. Elle débat, mais ne prend plus de risques. Elle administre, mais ne rêve plus. Le résultat est une distance croissante entre le peuple et les institutions, entre la jeunesse et l'avenir.
Dire que l'Afrique vit une révolution politique n'est pas un acte de romantisme, mais de réalisme géopolitique. Du Sénégal au Maghreb, jusqu'à la RDC, émergent des formes de participation qui défient le paradigme occidental. Imparfaites, certes. Mais vivantes.
Le Président de la RDC ne représente pas une exception folklorique : il est un signal. Un message que l'Occident a du mal à accepter. La démocratie du XXIᵉ siècle ne parlera pas une seule langue, n'aura pas un seul visage et ne suivra pas un seul scénario.
L'Europe est entrée dans la phase descendante de son cycle historique. L'Afrique, au contraire, est en pleine phase ascendante. Il ne s'agit pas d'un remplacement, mais d'un rééquilibrage. Le centre du monde est en train de se déplacer
Marco Baratto
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